LA FIN DES HARICOTS


"Imaginez-vous: l'argent nous est apparu comme une porte de sortie! Comme paysans indigènes de lieux marginalisés, on était émus et heureux de consommer des choses qui venaient de l'extérieur." (Eliazar, paysan à Pueblo Nuevo Sitala)


En 1994 est signé le Traité de Libre Échange. Les barrières douanières tombent, le Mexique s’ouvre aux capitaux étrangers et supprime les aides aux petits paysans. Le maïs subventionné étasunien inonde le marché mexicain : la production nationale ne peut faire face à la compétition. Les produits d’exportation comme le café deviennent primordiaux.

Pueblo Nuevo Sitala, communauté indigène des hauteurs du Chiapas, s’inclut dans ce contexte de mondialisation. Pour survivre, les paysans ont supprimé les parcelles de milpas* dédiant leurs terres les plus fertiles au café. Ils ont troqué leur souveraineté alimentaire en faveur de l'argent. Mais quand le prix du café chute à l'international, c'est toute l'économie du village qui s'effondre.

En 2007 est arrivée la rouille, maladie fongique qui détruit le café. Le gouvernement inquiet s'est mis à offrir une plante de café hybride plus résistante. Nécessitant beaucoup de soleil, « la robuste » entraîne la déforestation des hauteurs mexicaines. De plus, elle produit un café de basse qualité, acheté à bas prix par des firmes transnationales comme Nestlé qui le transforme en Nescafé.


*combinaison de maïs, haricots, cucurbitacées, typique de l’agriculture mexicaine.

Using Format